5 écrivains belges, 5 coups de cœur

Sébastien Ministru, Apprendre à lire, Grasset

Un fils sexagénaire directeur de groupe de presse. Un père octogénaire analphabète. Un duo mal assorti. Des relations compliquées. Jusqu’à ce reproche : « Tu es un mauvais fils. » Mauvais fils, Antoine l’est aux yeux de son père parce qu’il ne lui a jamais appris à lire. Apprendre à lire, le vieux Sarde n’en a jamais eu l’occasion. Au crépuscule de sa vie, il a besoin de combler cette lacune. Antoine cédera, endossera le rôle de précepteur. Maladroitement. Et finira par confier la tâche à Ron, un jeune prostitué, étudiant-instituteur et relation d’une nuit. Le duo se muera en trio. Chacun trimballant ses casseroles mais trouvant auprès des autres une oreille attentive, une échappatoire. Un roman terriblement humain, sensible, émouvant et singulier.

Paul Colize, Un jour comme les autres, Éditions Hervé Chopin

Une ouverture, des actes, une soprano amoureuse. Une disparition. Des journalistes d’investigation. Un décor entre Bruxelles et l’Italie. Une intrigue qui pourrait paraître banale. Et pourtant... Rien chez Colize n’est banal. Ni l’écriture ni la narration. Tout est maîtrisé. Sans effusion de sang ou tueur en série. On est dans l’attente permanente. Un puzzle grandeur nature. Jamais on ne s’ennuie. C’est plutôt l’addiction qui guette. Chaque personnage (et ils sont nombreux) a son importance. Et les plus centraux ne le sont peut-être pas. Gros coup de cœur pour « Un jour comme les autres » de Paul Colize, auteur trop méconnu, y compris de ses compatriotes...

Jean-Luc Outers, Le bureau de l’heure, Acte Sud

C’est une petite perle sur le temps qui passe que nous (re)sortons de notre bibliothèque. Une petite perle de la littérature belge dans laquelle on découvre Célestin, gardien des horloges qui affichent l’heure légale à l’Observatoire royal d’Uccle (une commune bruxelloise). Célestin fait le temps, le temps fait tourner la tête de Célestin. Ce temps perdu qu’il va vouloir rattraper. Rattraper Marine aussi, son premier amour inavoué à qui il a écrit des dizaines de lettres jamais envoyées. « Une horloge qui se dérègle et c’est la vie qui en pâtit ! » L’horloge de Célestin s’est déréglée, sa vie en a pâti. N’est-il pas temps de remettre les pendules à l’heure ?

Thomas Gunzig, Feel Good, Au diable Vauvert

2 protagonistes : 

> Tom, un écrivain à la petite semaine, aux romans tordus, peu convaincu lui-même de son « talent » et sans le sou ; 

> Alice, une vendeuse de chaussures qui sombre dans la précarité, prête à tout, y compris kidnapper un bébé, pour ne plus jamais avoir à être « tout juste ». En se rencontrant, ils décident de faire un braquage littéraire...

Alors questions :

Et si Tom était le Thomas Gunzig d’avant Feel Good ?
Et si Alice était le Thomas Gunzig occupé à écrire Feel Good ?
Thomas, Alice et Tom, 2 personnages et 1 écrivain qui pourraient finalement ne faire qu’un... Quoi qu’il en soit, Feel Good n’est pas un braquage littéraire, c’est un excellent roman, point final.

Adeline Dieudonné, La vraie vie, L’Iconoclaste

Dans la vraie vie d’une enfant de 10 ans, il ne devrait pas y avoir de drames, pas de père violent, de maman indifférente, de petit frère qui perd son sourire, de casse de voitures comme décor de vie, de glacier dont la tête explose à cause d’une bombe de crème fraîche. Dans la vraie vie, il faudrait pouvoir remonter le temps pour changer tout cela, mais même la physique n’y peut rien... Dans la vraie vie, vous tournerez la première page et ne pourrez refermer le livre qu’une fois fini.

Et si les lecteurs de Bukku révélaient le futur talent de la littérature belge ? Pour lire les extraits de nos auteurs et les aider à être publiés, suivez ce lien...

Les cookies nous permettent de vous proposer nos services plus facilement. En utilisant nos services, vous nous donnez expressément votre accord pour exploiter ces cookies. En savoir plus